L'univers des perles - PIERRE GEMME LIVRES

Aller au contenu

Menu principal :

L'univers des perles

Les naufragés de l'île aux perles


Les perles et leur culture


On trouve des perles sauvages dans presque toutes les mers du monde : Côtes Californiennes, Caraïbes, Océan Indien, Mer de Chine,... Y compris en France ! Des personnes ont trouvé de toutes petites perles dans des huîtres achetées dans des poissonneries par exemple. Mais on peut en découvrir également dans des coquillages d'eau douce ( moules d'étang ou de rivière).





Perle française, attachée à sa nacre. Il en existe des libres.

On en trouve même certaines qui sont fossilisées !





Ici sur l'opercule d'un gryphea arcuata, trouvé dans les Falaises noires de Normandie.

Les perles se forment naturellement d'une manière relativement simple. Un corps étranger pénètre dans le coquillage. Cet intrus gêne ou blesse carrément le mollusque. L'animal va donc "enrober" l'objet et ceci avec ce qu'il produit pour la croissance de sa coquille : du carbonate de calcium. Le phénomène peut durer plusieurs années.

Ce même phénomène existe chez les mammifères ; on peut en effet comparer la perle à un "calcul" humain.

Mais les objets intrus peuvent être de toutes sortes ! Une célèbre huître présentée lors de l’exposition prestigieuse sur les perles, en 2007 au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris, avait enrobé un petit poisson qui était entré entre les valves de sa coquille avant de mourir. La perle a pris donc la forme du poisson.

Lorsqu'un corps étranger d'origine organique est ainsi prisonnier de la nacre, il finit par pourrir. Les gaz de décomposition déforment la perle, et on obtient ce qu'on appelle une perle "soufflée".

Ainsi, depuis fort longtemps, les Bouddhistes de la Mer de Chine ont eu l'idée de coller artificiellement de minuscules statues de Bouddha contre les coquilles intérieures de certains coquillages avant de les remettre à l'eau pour que ceux-ci produisent une couche de nacre sur la statuette.

C'était le début de la culture des perles.

Mais ces perles ne sont que des appliques. Elles ne sont pas "libres", c'est à dire séparées de la coquille elle-même. Elles adhèrent à la valve.



Les perles keshis

Pour obtenir des perles rondes, il fallait pratiquer la pêche manuelle. La pêche aux perles sauvages était réservée aux femmes japonaises. Celles-ci pouvaient plonger à des profondeurs incroyables et rester jusqu'à 6 minutes sous l'eau.






Perle libre présentée dans la coquille du coquillage qui l'a produite.

Le premier à avoir découvert comment faire produire à des huîtres en captivité des perles rondes est un japonais dénommé :  
Kokichi Mikimoto.

En effet, pour que l'huître produise des perles rondes, il faut que le corps étranger pénètre dans un endroit précis de l'anatomie de l'animal : ses gonades, ses organes sexuels donc.

Ainsi, Kokichi Mikimoto eut l'idée d'introduire des nucléus artificiels (greffons) dans cette partie des huîtres. Les nucléus sont de petites perles faites de morceaux de nacre de moule d'eau douce, polies artificiellement. L'huître va donc entourer cette bille de plusieurs épaisseurs de sa propre nacre, rendant quasiment indétectable le nucléus d'une matière identique.

Les huîtres ainsi traitées n'ont plus qu'à être remises à l'eau dans des champs perliers. De grandes barges sont visibles dans plusieurs baies du Japon. Les huîtres pendent dans des filets à plusieurs mètres sous la surface de l'eau. Il faut au moins trois ans pour obtenir une belle perle. Les huîtres passent au scanner régulièrement. On peut ainsi suivre l'évolution des perles. Lorsque celles-ci arrivent à maturité, elles sont extraites, mais l'huître peut servir encore ! Et ceci jusqu'à 3 fois environ, jusqu'à ce qu'elle meurt en quelque sorte de vieillesse.

Cette technique a porté ses fruits et s'est exportée à Tahiti, premier grand producteur de perles de culture au monde actuellement, dont les fameuses perles noires.

Contrairement à ce que l'on croit, les perles peuvent être de toutes les couleurs : noires, vertes, bleues, roses, oranges, dorées, argentées,.... La couleur dépend du manteau de l'huître, et de son alimentation.

De même, si Pinctada Margaritifera est l'espèce d'huître la plus productive, toutes les sortes de coquillages bivalves peuvent produire des perles. Et on trouve régulièrement des perles de taille impressionnante. Des essais sont pratiqués sur des bénitiers géants, mais l'élevage de ces coquillages est pour l'instant encore trop délicat.

© texte et photos de Pierre Gemme


_____________________________________________________________________________________________________________

Petit glossaire



  baroque : se dit d’une perle sans forme prédéfinie, très recherchée, notamment pour constituer un
 pendentif.

  bouton : se dit d'une perle avec une face plane, ou demi-perle. Cela arrive lorsque la perle s'est soudée à la coquille lors de sa croissance. Recherchée pour les boucles d'oreilles notamment.

  cerclée : se dit d'une perle creusée de sillons parallèles. Toute perle libre tourne sur elle-même durant sa croissance. Parfois, les anneaux de rotation sont très marqués, donnant ainsi une perle cerclée, sans grande valeur marchande. Utilisée surtout pour les bracelets.

collecteur : sorte de tamis en matière imputrescible (plastique, fibres de cocotier, bourre de coco, mousses synthétiques...), posé à l'entrée des lagons pour retenir les naissains et leur procurer un abri temporaire contre les prédateurs.

  greffon (nucléus) : le greffon est le manteau dont on a enlevé le bourrelet. Riche en épithélium (substance chimique), il est indispensable à la croissance d'une perle de culture. Tendu sur une planchette de bois du côté de la face externe où se trouve l'épithélium, on l'incise verticalement et horizontalement pour obtenir de petits carrés de 3 mm. Chaque petit carré constitue un greffon dont la face extérieure (celle qui était au contact de la coquille) devra être mise au contact du nucléus, dans la gonade de l'huître. Avec un manteau on peut greffer soixante huîtres.

  keshis : se dit d'une perle née sans nucléus, il s'agit alors d'une simple protubérance de la coquille.

 le lustre : l'éclat brillant naturel d'une perle ; à ne pas confondre avec l’orient, c'est à dire la capacité à renvoyer la lumière solaire

  l'orient : appelé encore l’eau ; capacité d'une perle à renvoyer la lumière solaire.

  nacre : terme de métier pour parler d'une huître perlière.

  nucléus : bille de nacre obtenue en polissant un morceau de coquille de palourde d'eau vivant dans le Mississippi. Insérée avec un greffon dans une huître perlière, la nacre de l'huître va se déposer et finir par enrober totalement cette bille de nacre étrangère. Le nucléus et la nouvelle nacre étant de même couleur et de même dureté, la perle pourra être travaillée sans risque d'être brisée.

  pipi : veut dire "petit" en polynésien. Se dit d'huîtres de moins de douze centimètres de diamètre.

 plonges : mot désignant les plongées

  poire : se dit d’une perle de culture dont l'incision s’est mal refermée lors de sa croissance. Elle est "avec queue" ou "sans queue", c'est à dire plus ou moins pointue. En bijouterie, l'extrémité irrégulière est cachée par un capuchon d'or. Très recherchée, surtout en pendentif.

 ronde : se dit d'une perle qui peut rouler en tous sens.

 soufflée : se dit d’une perle sauvage ou de culture, lorsqu'un corps d'origine organique s'est glissé à l’intérieur. En se décomposant, les gaz émis gonflent la pellicule de nacre qui se forme autour de l'intrus dès son entrée. Si la bulle ne perce pas sous la pression de ces gaz, la pellicule s'épaissit petit à petit et finit par se durcir, donnant à la perle un aspect boursouflé. Ce phénomène donne naissance en général à une grosse perle.


.



 
Retourner au contenu | Retourner au menu