Le monde d'Axel et Nova - PIERRE GEMME LIVRES

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Le monde d'Axel et Nova

Chroniques de la Terre figée

Dossier pédagogique

(constitué grâce à l'aide de Jean Redeslperger collectionneur et spécialiste des météorites)


METEORITES

ces étranges corps célestes...



Comment reconnaître les météorites des autres pierres que l'on peut trouver sur notre sol ?

Les météorites, qu'elles soient métalliques ou dites pierreuses sont toutes magnétiques.  Un test consiste à apposer sur la surface d'une pierre suspecte, un aimant assez puissant. Si on perçoit une attraction, même infime, il s'agit d'une météorite.

Quels sont les autres objets que l'on peut confondre à des météorites ?

On trouve souvent des marcassites (nodules naturels de fer particulièrement fréquents dans certaines régions telles qu'en Champagne) ; des fragments d'obus datant de la dernière guerre mondiale (surtout ne pas les toucher quand on en trouve ! ) ; ainsi que du mâchefer, c'est à dire des résidus de hauts fourneaux.

Météorites est-il un nom masculin ou féminin ?

On peut employer le masculin ou le féminin. Ici, nous emploierons le féminin.

Où a-t-on le plus de chance sur Terre de trouver des météorites ?

Les météorites "tombent "de façon régulière sur Terre et aucune partie du monde n'est épargnée. Elles peuvent tomber sur des villes, comme sur des campagnes, dans les déserts, en mer, et dans les montagnes. Il en tombe plusieurs tonnes par jour sous forme de fragments plus ou moins gros, la plupart du temps sous forme de particules. Mais quant à les trouver, c'est une autre affaire ! Dans les régions boisées et recouvertes de végétation, il faut pouvoir observer leur chute, la suivre et récupérer la ou les météorites le plus rapidement possible car elles se dégradent rapidement (oxydation dûe à l'humidité). Elles s'enfoncent dans le sol généralement, ou se perdent dans la végétation. On les trouve donc dans deux endroits privilégiés. Les déserts, où l'absence d'humidité les protège, mais également elles se repèrent mieux sur certains sols clairs et sablonneux. Le sable peut les recouvrir avec le temps, mais les vents les dégagent régulièrement. Et sur les glaciers. Les glaciers au Pôle Nord et au Pôle Sud notamment avancent et fondent au niveau de leur "front" (extrémité). Ils "rejettent" alors toutes les météorites qui sont tombées au fil des millénaires sur leur surface. La récupération et le traitement des météorites ainsi trouvées doivent être rapides avant que celles-ci exposées à l'air et à la lumière s'oxydent.

Y a-t-il différents types de météorites, et quels sont-ils ?

Toutes les météorites sont un mélange d'alliages fer-nickel, de silicates et de sulfures, en proportions variées. On distringue trois grands groupes. Les météorites METALLIQUES ; les métorites lithosidérite (mélange de pierre et de métal) appelées PALLASITES ; et les météorites pierreuses appelées CHONDRITES constituées d'un mélange de silicates, de feldspath, d'olivine et de pyroxène. Elles ont toutes une croûte calcinée.



METALLIQUE

"Gibeon" (22g) 35x25x2 mm
Provenance : Namibie
Chute 1836
Type siderite octaedrite

© photo et coll. M.Jean Redelsperger



PALLASITE

"Brahim"
Provenance : Minsk Bielorussie
Découverte en 1810
Type sidérolithe (métallique pierreuse)


© photo et coll. M.Jean Redelsperger

 

CHONDRITE

"El Hammami" 382g
Provenance : Maroc, Mhamid
Type chondrite H5/S2
TKW 240 kg
Découvert en 1997, peut-être une chute observée par des nomades qui date de 1995
Olivin Fa18.8; Pyroxen Fs16.7
Koordinaten: 23° 17´ N / 10° 49´ W
Synonym: Hamada du Draa und Mhamid
Meteoritical Bulletin No.82, 1998

© photo et coll. M.Jean Redelsperger




D'où viennent les météorites ?

Les météorites proviennent soit d'astéroïdes soit de planètes qu'on appelle des "corps parents". Elles sont arrachées à ces corps parents par des collisions avec d'autres objets célestes.

Comment tombent-elles sur la terre ?


Il faut imaginer le voyage d'une météorite.

Elle vient de l'espace où règne une température de  -100 degrés. A mesure qu'elle se rapproche de la Terre, la gravité de celle-ci l'aspire et sa descente s'accélère. Elle tombe à 135km/s, soit 54 000 km/h. A 135 km au-dessus de la surface de la terre, la météorite pénètre dans l'atmosphère terrestre et est alors soumise à de formidables frottements. On entend plusieurs "Bang" supersoniques. Au-dessous de 100 km, elle se met à brûler et à fondre tant le frottement avec l'air est intense. Tout autour d'elle  l'air s'embrase (étoile filante s'il s'agit de poussière, ou boule de feu s'il s'agit d'une météorite de taille plus conséquente. A 90 km d'altitude, sa température extérieure dépasse les 800 degrés. En dessous, la pénétration de l'atmosphère la force à freiner. Elle perd une partie de sa matière sous forme de vapeur, de poussières, et de morceaux. Des ravivements apparaissent correspondant à cette érosion dûe aux frottements particulièrement visibles sur les météorites métalliques. On appelle ces ravinements les "regmalyptes". Elle se refroidit, cesse de briller, sa surface noircit, durcit créant ainsi une croûte de fusion particulière à toutes les météorites. Si elle est très grosse, la pression est telle qu'elle peut exploser et se fragmenter avant même de toucher le sol, disparaître parfois carrément volatilisée, sinon, elle continue sa chute.



Croûte de fusion bien visible sur ce spécimen.


Regmalyptes. Bel exemple sur cet échantillon de SIKHOTE ALINE (Russie)


Métérorite métallique, de chute "orientée". On peut visualiser la goutte de métal en fusion.


Font-elles des dégâts au sol ?

Certaines oui. Les très grosses météorites de plus de 10 000 tonnes sont peu ralenties dans leur chute. Elles frappent la terre (ou d'autres planètes) avec une violence inouïe. Elles creusent alors des cratères d'impact engendrant de formidables hautes températures et de tout aussi impressionnantes pressions qui transforment les roches au sol.

Un exemple : le cratère de Rochechouart en France, près de Limoges. Un astéroïde de plus de 4 km de diamètre est tombé il y a quelques 210 millions d'années. L'impact a créé ce qu'on appelle un astroblème, une dépression. Son explosion en altitude a transformé par la chaleur et la pression toutes les roches au sol. Ces roches sont donc devenues uniques au monde. Elles ont subi un métamorphisme d'origine météoritique. Elles ont un aspect fondu, avec des inclusions de la roche d'origine. Certaines présentent des "cônes d'impact", c'est à dire des déformations coniques marquant le tassement et la compression des matériaux. A remarquer que l'on n'a jamais retrouvé la météorite mère ou même ses fragments sans doute pulvérisés à haute altitude.

D'autres cratères sont connus également Le plus grand du  monde est celui de Chixulub au Yucatan. Il fait 200 km de diamètre. On estime que sa chute datée de la fin du Crétacé est à l'origine de la disparition des dinosaures sur la Terre.

Un autre très connu, est le Meteor Crater en Arizona. Des fragments sont régulièrement trouvés aux abords du cratère encore à l'heure actuelle.

Une autre chute dans la Tungunska en Sibérie, survenue le 30 juin 1908, a ravagé la taïga. Une vingtaine d'années plus tard, une expédition a découvert un étonnant spectacle. Des milliers d'arbres couchés en rayon de soleil à partir d'un même centre sur plus de 1927.2000 km2 !


L'astroblème de Rochechouart.



Le château de Rochechouart au bord du cratère.


Les "impactites" ou "brèches d'impact" correspondant aux roches d'origine transformées par la chaleur et la pression de l'impact.


Consitutent-elles un danger pour les hommes, les villes ou les animaux ?

Oui, parfois. Si l'on considère que la disparition totale d'une espèce comme les dinosaures peut-être attribuée à une chute majeure et à ses conséquences, on peut effectivement considérer qu'une météorite peut détruire la terre. De façons plus ponctuelles des météorites ont blessé des personnes. Pour preuve cet article récent  :  chroniques/articlemeteorite.htm


Une autre météorite de 38 kilos a tué une vache le 15 octobre 1972 à Trujillo au Venezuela.

Le plus étonnant étant la chute de Peekskill. Le 9 octobre 1992, des milliers de personnes sont réunies pour assister à différents matchs dans le nord-est des Etats-Unis. Elles remarquent un objet très brillant qui traverse le ciel à grande vitesse. Puis l'objet explose en plein ciel et se scinde en plusieurs morceaux. Le phénomène est filmé par un amateur. Quelques instants plus tard, à Peekskill, dans l'Etat de New York un fragment de 12 kg défonce le coffre d'une voiture. Le propriétaire du véhicule endommagé tente alors de faire jouer son assurance. Mais rien n'est prévu dans le contrat pour ce type de dégât. Qu'importe, lorsque des musées lui font une offre pour cette météorite et ... pour sa voiture qui sera ensuite exposée dans le monde entier, le propriétaire oublia vite le conflit qui l'opposait à son assureur !


Qu'appelle-t-on les chondres ?

Les chondres constituent une structure minéralogique introuvable sur Terre et propre aux météorites. Ce sont des petits grains en forme de sphères composés d'olivine et de pyroxène dont certains sont si anciens qu'ils datent de la naissance de l'univers. Ils se seraient formés dans la nébuleuse solaire par fusion de poussières primitives. Leur texture indique un refroidissement rapide de gouttes plus ou moins bien fondues.

Que peut-on trouver également sur Terre comme autres objets célestes ?

Si on exclut les fragments de satellites qu'on peut également rencontrer parfois dans certaines régions du globe, il faut considérer que plusieurs autres objets sont directement associés à la chute des météorites.

Les tectites tout d'abord. Lorsque la météorite touche le sol (ou explose au-dessus du sol), la chaleur qui se dégage est supérieure à plusieurs milliers de degrés celsius. Les roches au sol fondent, et se vaporisent parfois. La plus touchée est la silice qui gicle alors en l'air, fond, s'agrège en refroidissant et peut retomber en une multitude de gouttes de verre naturel plus ou moins grosses jusqu'à parfois des milliers de kilomètres du point d'impact. Ces verres que l'on retrouve sont appelés tectiques et ont même été utilisés dans les artisanats locaux comme pierres précieuses dans des parures. Les deux principales connues sont les Modalvites (vertes) et les Indochinites (noires).

Les brèches d'impact, ou impactites ensuite. Ce sont les roches restées au sol et métamorphosées par la chaleur et la pression. On les a longtemps confondues avec des laves.

Parmi elles, il faut parler du "Verre Lybique". Il s'agit de sable fondu, de silice agglomérée au sol par la chaleur produite par la chute de la météorite. Ces très beaux objets d'un jaune pur ou légèrement verdâtre sont considérés comme les plus belles impactites aux monde.

On peut dire également un mot sur les "fulgurites" qui n'ont rien à voir avec les météorites mais expliquent par leur formation un peu l'histoire des impactites. En effet, les fulgurites sont des tubes de verre naturel que l'on trouve exclusivement dans les déserts. Ils résultent de l'impact d'un trait de foudre qui pénétrant le sol sablonneux forme une sorte de gaine en faisant fondre la silice. Le tube matérialise alors, en refroidissant, l'empreinte de la foudre.


MOLDAVITE


INDOCHINITE


VERRE LYBIQUE


FULGURITE


Peut-on évaluer la quantité de météorites tombant chaque jour sur Terre ?

On estime que 2000 à 3000 météorites de plus de 1 kg tombent chaque 24 H sur la surface de la Terre. Si on ajoute les micrométéorites et les poussières, on peut penser que plus de 4 tonnes de "matériel céleste" rejoignent notre planète chaque jour.

 
 
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